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Articles de la newsletter du Comité Robotique
Rubrique : Projet lauréat du Défi Transfert Robotique

Lauréat du Défi « Transfert Robotique » de France 2030, le projet TITANBOT ambitionne de faire franchir une nouvelle étape aux robots parallèles à câbles (Cable-Driven Parallel Robots - CDPR). Coordonné par le CNRS -avec les laboratoires LS2N et LIRMM - avec l'IRT Jules Verne, Actemium, le Cetim, Orano DS et VINCI Energies, ce projet de 6 M€ vise à transformer des résultats de recherche en solutions industrielles directement exploitables dans des secteurs exigeants comme la construction et le nucléaire.

© ACTEMIUM Paris Process Solutions

Une technologie capable de couvrir de très grands espaces

Contrairement aux robots industriels classiques, les robots parallèles à câbles déplacent leur plateforme mobile grâce à plusieurs câbles motorisés fixés autour de leur zone de travail. Ce principe mécanique permet de couvrir des volumes beaucoup plus importants tout en conservant une structure légère.

Déjà utilisés pour déplacer des caméras dans les stades, ces robots présentent plusieurs atouts majeurs pour l'industrie : ils peuvent transporter des charges importantes, intervenir sur de grandes surfaces et être facilement reconfigurés selon les besoins des chantiers ou des installations industrielles. L'enjeu de TITANBOT consiste désormais à leur apporter la précision, la robustesse et la simplicité d'utilisation nécessaires à un déploiement opérationnel.

Deux cas d'usage pour accélérer le transfert industriel

Le projet s'appuie sur deux démonstrateurs représentatifs de besoins industriels concrets.

Dans le secteur de la construction, le robot développé avec VINCI Energies doit automatiser le transport de matériel le long des façades de bâtiments. Les opérateurs déposent les équipements sur une plateforme, sélectionnent leur destination, puis le robot assure automatiquement leur acheminement jusqu'aux différents niveaux du chantier. Cette approche vise à réduire la manutention manuelle, limiter les troubles musculosquelettiques et améliorer la productivité sur les chantiers.

 

Côté nucléaire, Orano DS évalue l'utilisation d'un robot parallèle à câbles pour réaliser des inspections radiologiques lors des opérations de démantèlement. En maintenant automatiquement les capteurs à quelques centimètres des parois, le système permettrait d'inspecter rapidement de très grandes surfaces tout en réduisant l'exposition des opérateurs aux zones potentiellement contaminées.

Faire mûrir une technologie prometteuse

L'un des objectifs majeurs de TITANBOT est d'augmenter le niveau de maturité technologique des robots parallèles à câbles afin de préparer leur industrialisation. Les partenaires travaillent sur l'ensemble des briques technologiques : architecture mécanique, commande, contrôle, simulation, interfaces opérateur, sécurité et acceptabilité par les utilisateurs. L'IRT Jules Verne pilote notamment les travaux de maturation technologique et prépare le transfert vers de nouveaux secteurs industriels, tandis qu'Actemium apporte son expertise d'intégrateur pour transformer les prototypes en solutions déployables.

L'humain au cœur du déploiement

Le projet ne se limite pas aux performances techniques. Une partie importante des travaux est consacrée aux sciences humaines et sociales afin d'étudier l'acceptabilité de ces nouveaux outils sur le terrain. Des observations réalisées directement sur des chantiers permettent d'adapter les interfaces, les usages et l'intégration des robots aux pratiques réelles des opérateurs. Cette approche vise à faciliter l'adoption de la technologie et à concevoir des systèmes réellement utilisables au quotidien.

Une nouvelle génération de robots pour les grands espaces

Avec TITANBOT, les robots parallèles à câbles pourraient ouvrir la voie à une nouvelle génération de systèmes robotiques capables d'intervenir sur des infrastructures de grande dimension, qu'il s'agisse de bâtiments, d'installations nucléaires ou, demain, d'autres applications industrielles et logistiques.

 

Le projet illustre pleinement l'ambition du Défi « Transfert Robotique » : transformer des résultats de recherche en innovations industrielles concrètes au service de la compétitivité de la filière robotique française.

 

 

Articles de la newsletter du Comité Robotique
Rubrique : Ressource du Comité robotique - "Fiche produit"

 

Crédit photo : CEA

La robotique de manipulation poursuit un objectif ambitieux : permettre aux robots de saisir, manipuler des objets de formes variées avec la même précision que la main humaine. C'est précisément le défi auquel répond ABILIS, un préhenseur robotique dextre développé par le CEA-List, héritier d'un programme de recherche lancé il y a plus de quinze ans.


Une main robotique dotée du sens du toucher
Les travaux menés par le CEA-List depuis plus de 15 ans dans le domaine de la manipulation robotique pluridigitale trouvent aujourd'hui une nouvelle concrétisation avec le préhenseur développé dans le projet européen TRACEBOT, consacré à la manipulation de produits médicaux stériles. Cette nouvelle génération de préhenseur dispose de 18 degrés de liberté, de 14 actionneurs capables de mesurer les efforts appliqués sur les objets et de 13 capteurs tactiles répartis sur les doigts et la paume. Grâce à cette combinaison de capteurs et d'algorithmes d'intelligence artificielle, le robot est capable de localiser précisément les points de contact, de détecter un glissement des doigts sur l’objet et d'adapter en permanence sa prise. Il peut ainsi manipuler des objets fragiles, de formes variées, tout en conservant un haut niveau de précision.

Vers une manipulation toujours plus agile
Au-delà de sa sensibilité, Abilis se distingue également par sa puissance. Sa force de serrage lui permet de soulever jusqu'à 2 kg avec un seul doigt, tout en restant capable de réaliser des manipulations délicates grâce à sa commande en effort et à sa dextérité. Ces performances ouvrent la voie à de nombreuses applications nécessitant des manipulations complexes : préparation de kits médicaux stériles, assemblage de précision, manipulation de composants sensibles ou encore opérations collaboratives entre l'Homme et le robot. Les développements se poursuivent aujourd'hui autour de la manipulation bimanuelle et de nouvelles stratégies de planification s'appuyant sur l'apprentissage par renforcement, afin d'accroître encore les capacités de ces préhenseurs dextres.

À travers Abilis, la robotique de manipulation illustre parfaitement la manière dont les recherches bio-inspirées contribuent à rapprocher les capacités des robots de celles de la main humaine, tout en répondant à des besoins industriels concrets.
 

 

 

Articles de la newsletter du Comité Robotique
Rubrique : Focus entreprise

Nimbl'bot repousse les limites de la robotique de manipulation
La robotique de manipulation est souvent associée aux bras robotisés qui équipent les lignes de production. Mais de nombreuses opérations industrielles restent difficiles, voire impossibles à automatiser lorsque l'environnement devient trop exigu, trop complexe ou trop dangereux. C'est précisément ce défi que relève Nimbl'bot, jeune entreprise française créée en 2018 par Alice Lassalle et Ludovic Dufau.

Repenser l'architecture des robots

nimbl'bot ICRA 2026


L'approche développée par Nimbl'bot rompt avec l'architecture classique des robots industriels.
Là où un bras robotisé traditionnel est limité par un nombre fini d'articulations mécaniques, 

Nimbl'bot a développé une architecture constituée de modules robotisés empilables, comparables à des vertèbres. 

Chaque module peut s'orienter indépendamment, offrant progressivement un très grand nombre de degrés de liberté et une capacité de courbure continue. Cette conception permet au robot d'épouser des trajectoires particulièrement complexes tout en conservant une grande précision.

Lien vers une vidéo de présentation de Nimbl'Bot à l'ICRA 2026 .

L'objectif n'est pas simplement d'ajouter davantage de mobilité, mais de rendre accessibles des zones jusqu'ici inatteignables par les robots conventionnels.
 

Manipuler là où l'humain ne peut plus intervenir
Cette architecture ouvre de nouvelles possibilités pour la robotique de manipulation dans des environnements particulièrement contraints. Les robots Nimbl'bot peuvent ainsi intervenir dans des espaces confinés, contourner des obstacles ou accéder à des zones difficiles d'accès afin d'y réaliser des opérations d'inspection, de maintenance ou de manipulation. Parmi les cas d'usage mis en avant figurent notamment :

  • l'inspection de conduites et d'espaces confinés ;
  • les opérations de maintenance en environnements hostiles ;
  • l'usinage ou l'ébavurage de matériaux complexes ;
  • certaines applications de fabrication additive.
     

    Autant de situations où la capacité à suivre une trajectoire complexe devient un facteur déterminant.
     

Une réponse aux enjeux industriels
Cette technologie trouve naturellement sa place dans des secteurs où la sécurité et l'accessibilité sont des enjeux majeurs.
Nimbl'bot travaille notamment avec les filières du nucléaire, du gaz et de la chimie, où ses robots permettent de réaliser des opérations dans des zones difficilement accessibles tout en limitant l'exposition des opérateurs aux environnements à risque.
L'entreprise souhaite aujourd'hui s'appuyer sur les intégrateurs robotiques afin de déployer cette technologie dans un nombre croissant d'applications industrielles.
 

La manipulation robotique change d'échelle
À mesure que les environnements industriels gagnent en complexité, la performance d'un robot ne se mesure plus uniquement à sa vitesse ou à sa charge utile. Sa capacité à manipuler des outils ou des pièces dans des espaces étroits, encombrés ou dangereux devient un véritable facteur de différenciation.


Avec son architecture inspirée du vivant, Nimbl'bot illustre cette nouvelle génération de robots de manipulation : plus souples, plus agiles et capables d'intervenir là où les architectures conventionnelles atteignent leurs limites.
 

Articles de la newsletter du Comité Robotique
Rubrique : Actualités

Chaque année, l'ICRA (International Conference on Robotics and Automation) réunit chercheurs, industriels et innovateurs de la robotique mondiale. L'édition 2026, organisée à Vienne, a une nouvelle fois confirmé le dynamisme du secteur avec près de 8 000 participants venus découvrir les dernières avancées scientifiques et technologiques.

ICRA 2026

Présent sur place, le Comité Robotique France a assuré une veille technologique afin d'identifier les tendances qui façonneront les prochaines générations de robots, tout en mettant en lumière plusieurs entreprises françaises exposantes.

Une robotique qui gagne en maturité

Les démonstrations observées à Vienne témoignent d'un changement d'échelle.
Les robots humanoïdes deviennent plus dynamiques, plus autonomes et surtout capables d'interagir avec leur environnement de manière beaucoup plus naturelle. Les progrès réalisés sur les actionneurs, la perception, les mains robotiques ou encore la locomotion permettent désormais d'envisager des usages qui dépassent largement le cadre du laboratoire.
Autre évolution majeure : l'intelligence artificielle n'est plus une simple fonctionnalité supplémentaire. Elle est désormais intégrée au cœur même des systèmes robotiques, permettant aux robots de mieux percevoir leur environnement, de planifier leurs actions et de s'adapter en temps réel.


Les composants deviennent un enjeu stratégique

Au-delà des robots eux-mêmes, l'ICRA a mis en évidence l'importance croissante des briques technologiques qui les composent.
Actionneurs plus compacts et plus puissants, capteurs d'efforts de haute précision, mains robotiques de plus en plus dextres ou encore interfaces homme-machine constituent aujourd'hui des leviers majeurs de performance.
La maîtrise de ces composants est devenue un enjeu stratégique pour la compétitivité des filières robotiques et pour la souveraineté technologique européenne.


Une robotique toujours plus inspirée du vivant

Une autre tendance forte observée cette année concerne la robotique souple et les approches biomimétiques.
Les robots déformables permettent désormais d'intervenir dans des environnements complexes ou confinés, tandis que les recherches inspirées du vivant ouvrent la voie à des systèmes plus adaptatifs, plus sûrs et capables d'interagir plus naturellement avec les humains.
Ces technologies intéressent aussi bien l'industrie que la santé, la recherche ou encore les interventions en milieux difficiles.


Une présence française remarquée

La France était bien représentée sur le salon avec plusieurs entreprises venues présenter leurs innovations.
Maxtronics poursuit le développement du célèbre robot humanoïde Nao, désormais enrichi de nouvelles capacités d'intelligence artificielle facilitant son utilisation dans l'éducation, la médiation et les établissements de santé. Plus de 20 000 robots Nao sont aujourd'hui déployés dans plus de 70 pays.
Nimbl'Bot développe une architecture robotique articulée capable d'évoluer dans des espaces confinés. Cette technologie trouve déjà des applications dans les secteurs du nucléaire, du gaz, de la chimie et de l'énergie.
Nio Robotics a présenté Aru, un robot polymorphe capable de modifier sa géométrie selon son environnement. Pensé comme une plateforme modulaire, il peut accueillir différents outils afin de réaliser des opérations complexes, notamment dans le domaine de la maintenance industrielle.
Compliance Robotics, issue des travaux d'Inria, poursuit le développement de robots souples destinés aussi bien à la recherche qu'à des applications industrielles nécessitant la manipulation d'objets fragiles ou déformables.
Enfin, Enchanted Tools a présenté Miroki, son robot social conçu pour favoriser les interactions avec les humains. Déjà utilisé dans les hôpitaux, les établissements de santé et les laboratoires de recherche, il illustre une vision de la robotique centrée sur l'assistance et la relation avec l'utilisateur.
 

Les défis restent nombreux

Les échanges organisés lors de l'ICRA ont également rappelé plusieurs enjeux structurants pour la filière.
Le premier concerne le transfert des innovations issues des laboratoires vers des entreprises capables d'industrialiser ces technologies à grande échelle.
Le second est celui de la compétition internationale. La montée en puissance des acteurs asiatiques, particulièrement chinois, confirme l'intensification de la concurrence mondiale et souligne l'importance de renforcer les capacités européennes d'innovation.
Enfin, les questions de durabilité et d'écoconception prennent désormais une place centrale dans le développement des futurs systèmes robotiques.
 

Observer aujourd'hui pour construire demain

En participant à l'ICRA 2026, le Comité Robotique France poursuit sa mission de veille technologique au service de l'écosystème national.
Identifier les innovations émergentes, favoriser les échanges entre recherche et industrie et valoriser les savoir-faire français constituent autant de leviers pour accompagner le développement d'une robotique performante, responsable et compétitive.
 

Articles de la newsletter du Comité Robotique
Rubrique : Actualités

La communauté française de la robotique a été conviée le mardi 27 janvier 2026 à l’Hôtel Cassini, au Secrétariat général pour l’investissement, dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt « Stratégie nationale Robotique et Machines intelligentes – Etape 2 » de France 2030.

 

Occasion pour M. Bruno Bonnell, Secrétaire général pour l'investissement, de lancer un message sans ambiguïté : la France et l’Europe doivent inventer leurs propres modèles en robotique et en intelligence artificielle, sans se contenter d’imiter ceux des grandes puissances internationales. C'est une question de survie, il faut impérativement bâtir une souveraineté technologique durable, capable de renforcer la résilience industrielle européenne.

 

Cette ambition repose sur une vision claire : faire de la robotique un levier d’augmentation de l’humain, et non une simple automatisation. Cela implique de repenser les processus industriels autour d’architectures modulaires, polymorphes, interopérables, collaboratives et ouvertes, adaptées aussi bien aux infrastructures critiques qu’aux marchés émergents.

 

Face à la concurrence mondiale, le renforcement des écosystèmes européens apparaît comme une nécessité. La coopération entre la recherche, les start-up, les PME, les ETI, les grands groupes industriels et les utilisateurs finaux est identifiée comme un facteur clé pour concevoir, développer et industrialiser des solutions souveraines en IA générative, robotique et modèles numériques, tout en intégrant les valeurs européennes d’acceptabilité, de sécurité et de frugalité.

 

Les acteurs ont été appelés à s’engager concrètement en rejoignant les consortiums publics-privés portés par les appels à projets français et européens. Une dynamique collective essentielle pour faire émerger des innovations de rupture, souveraines et utiles à la société, au cœur des travaux du Comité Robotique France. Ainsi, le Comité a organisé quatre ateliers afin de contribuer à l'élaboration des contours du futur dispositif « Flagships IA & Robotique » de France 2030 [Annonce à venir].

 

 

 

Articles de la newsletter du Comité Robotique
Rubrique : Actualités

Du 30 mars au 2 avril 2026, le salon Global Industrie a rassemblé les principaux acteurs de l’industrie et de l’innovation. À cette occasion, le Comité Robotique France a marqué une présence forte avec un pavillon dédié, installé au cœur de l’Espace Recherche et Innovation, une nouveauté de cette édition. Ce positionnement stratégique a permis de mettre en lumière les réalisations de 13 des 15 projets lauréats des Défis « transfert robotique », à l’issue d’une année de collaboration entre laboratoires, industriels et startups.

 

Tout au long du salon, ce pavillon a constitué un point de rencontre privilégié pour les acteurs de la robotique et de l’intelligence artificielle, favorisant les échanges autour des enjeux de transfert technologique et de passage à l’échelle industrielle.

 

Le pavillon du Comité Robotique France © Pierre Bitard / Comité Robotique France

 

Le 31 mars s’est tenu le troisième comité de pilotage du Comité Robotique France. Cette réunion a permis de faire un point d’étape sur la montée en maturité des projets et des consortiums, en vue de leur intégration dans des démarches de type Flagships [Annonce à venir]. Les discussions ont également porté sur les actions engagées par le Comité, les perspectives européennes, ainsi que la préparation aux futurs appels à projets en robotique et intelligence artificielle. L’interfaçage entre initiatives nationales et européennes a été identifié comme un levier clé pour renforcer l’impact des projets soutenus.

 

Le même jour, le séminaire « Ingénierie des systèmes robotiques et transfert de technologies » a réuni experts académiques et industriels autour des grandes orientations de la stratégie robotique nationale et européenne. Les échanges ont permis de mettre en perspective les dispositifs structurants tels que les PEPR, les agences de programme, ainsi que les initiatives européennes comme les TEF et les EDIH (voir présentation sur ce site). Plusieurs acteurs industriels sont également intervenus pour partager leurs retours d’expérience, illustrant concrètement les enjeux d’intégration de l’intelligence artificielle dans les systèmes robotiques.

Séminaire du Comité Robotique France à Global Industrie ©TINTA/Comité Robotique France

 

Le 1er avril, le pavillon du Comité Robotique France a accueilli la visite de M. Sébastien Martin, Ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'Industrie. Cette déambulation a été l’occasion de valoriser les projets soutenus dans le cadre des Défis « transfert robotique » et de favoriser les échanges entre représentants institutionnels, chercheurs et industriels. Une présentation sur la Grande scène, consacrée au rôle de la collaboration et du transfert dans le développement de la robotique, est venue compléter ce temps fort.

 

M. Sébastien Martin, Ministre de l’Industrie de passage sur le pavillon serrant la main de Pierre Bitard (Comité Robotique France, ANRT)

 

Enfin, le 2 avril a été marqué par plusieurs interventions et prises de parole, dont une interview sur GI TV ainsi que des échanges au sein de l’espace « Booster ». Une table ronde dédiée au rôle de la robotique et de l’intelligence artificielle comme accélérateurs concrets pour l’industrie a permis de prolonger les discussions engagées durant le salon, en mettant en avant des cas d’usage et des retours d’expérience. Par sa présence et la diversité des actions menées, le Comité robotique confirme son rôle structurant dans l’écosystème français de la robotique, en favorisant le dialogue entre recherche, industrie et politiques publiques, au service de l’innovation et de la compétitivité.

 

 

Articles de la newsletter du Comité Robotique
Rubrique : Focus entreprise

Lors du salon Global Industrie Paris 2026, l’entreprise française Enchanted Tools a présenté sa vision singulière de la robotique humanoïde notamment durant le séminaire du Comité Robotique France. Loin des approches purement techniques ou industrielles, la société propose une nouvelle génération de robots conçus pour interagir avec les humains de manière naturelle, intuitive… et même émotionnelle. Rencontre avec les Mirokaï !

 

Un Mirokaï dans la nature © Comité Robotique France / TINTA

 

La conviction d’Enchanted tools est que pour que les robots soient acceptés dans nos environnements du quotidien, ils doivent être pensés non seulement comme des machines performantes, mais comme des présences sociales. Enchanted Tools s’appuie ainsi sur des expertises issues à la fois de l’ingénierie robotique, de l’intelligence artificielle et… de l’animation et du design de personnages.

 

Une robotique pensée pour des usages concrets

Le robot humanoïde Mirokaï Explorer Suit incarne pleinement cette ambition. Conçu et fabriqué en France, il a été imaginé pour évoluer dans des environnements où la technologie doit s’effacer derrière la relation humaine. Hôpitaux, lieux d’accueil, espaces dédiés aux enfants ou encore accompagnement des équipes de soin : autant de contextes dans lesquels la présence d’un robot ne peut se limiter à une simple exécution de tâches.

 

Dans ces situations, la performance technique, aussi avancée soit-elle, ne suffit pas. Ce qui fait la différence, c’est la capacité à instaurer une interaction naturelle, à inspirer confiance et à apaiser. Enchanted Tools a donc fait le choix de travailler sur une dimension souvent négligée en robotique : l’expérience humaine. Le Mirokaï se distingue ainsi par une expressivité soignée, une qualité d’échange pensée pour être fluide et intuitive, et une intégration harmonieuse dans des environnements complexes, où humains et machines doivent cohabiter sans friction.

 

©Enchanted Tools

Le concept d’“embodied AI”, ou intelligence artificielle incarnée, est au cœur de l’approche d’Enchanted Tools. Ici, l’intelligence ne se limite pas à un logiciel distant ou abstrait : elle est directement liée au corps du robot, à ses capteurs, à ses mouvements et à l’environnement dans lequel il évolue. Le Mirokaï ne se contente pas de traiter de l’information, il la vit, en quelque sorte, à travers son interaction avec le monde réel.

Pour cela, il s’appuie sur une combinaison de technologies avancées qui lui permettent de dialoguer de manière fluide, de reconnaître la parole et les émotions dans plusieurs langues, mais aussi de comprendre ce qui se passe autour de lui grâce à des modèles croisant vision et langage. Il est capable d’identifier les visages dans le respect des contraintes réglementaires, de se déplacer de façon autonome en tenant compte des dynamiques humaines, et de manipuler des objets avec précision grâce à des systèmes pilotés par l’intelligence artificielle.

Tout cela permet au robot de percevoir, de comprendre et d’agir de manière pertinente dans des situations du quotidien, en s’adaptant au contexte réel plutôt qu’en exécutant des scénarios figés.

Une architecture prête pour l’aventure

L’approche d’Enchanted Tools se distingue par une volonté assumée de rester ancrée dans le réel. Plutôt que de s’appuyer sur une intelligence centralisée unique, l’entreprise fait le choix d’une architecture hybride, où plusieurs modèles spécialisés coexistent et coopèrent. Cette organisation permet au robot de gérer des tâches complexes en mobilisant, au bon moment, les briques les plus pertinentes. À mesure que la technologie évolue, cette approche converge vers un modèle fondation unifié pour la robotique, capable de structurer et d’orchestrer ces différentes compétences au sein d’un même système.

Présentation de Enchanted tools lors du Séminaire du Comité Robotique France à Global Industrie 2026.

Ce choix architectural répond à des contraintes très concrètes. Il s’agit à la fois de garantir une grande réactivité dans l’action, de permettre au robot de s’adapter à une diversité de situations, et de tirer parti des données collectées directement sur le terrain pour améliorer ses performances. Le Mirokaï apprend ainsi en interaction avec son environnement, dans des conditions proches de celles de son usage réel.

L’ensemble repose sur un fonctionnement embarqué, au plus près du robot. Ce traitement en edge computing limite les dépendances aux infrastructures externes, réduit la latence et renforce la confidentialité des données, tout en assurant une robustesse indispensable pour des applications en environnement humain.

> Interaction avec le Mirokaï lors de Global Industrie 2026 ©Comité Robotique France/TINTA

Sécurité, ergonomie et industrialisation

Dès sa conception, le Mirokaï a été pensé pour évoluer au contact direct des humains, dans des environnements où la sécurité ne peut souffrir aucun compromis. Cela se traduit par des choix techniques précis, comme l’utilisation d’actionneurs souples qui limitent les risques en cas d’interaction physique, mais aussi par une perception fine de son environnement grâce à un ensemble de capteurs capables de couvrir l’espace à 360°. Cette capacité à « voir » et à comprendre ce qui l’entoure lui permet de se déplacer de manière fluide, en s’adaptant aux flux et aux comportements humains, sans créer de rupture dans l’usage.

L’ergonomie joue également un rôle central. Le robot a été conçu pour être intuitif, lisible dans ses intentions et globalement rassurant dans sa présence. L’objectif est clair : faciliter son acceptation dans des lieux où la dimension humaine reste primordiale, comme les établissements de santé ou les espaces accueillant du public.

Au-delà du prototype, Enchanted Tools s’inscrit dans une logique d’industrialisation progressive. L’entreprise prépare une montée en production structurée, avec l’ambition de déployer plusieurs centaines de robots par an, en s’appuyant sur un écosystème industriel solide. Cette capacité à passer à l’échelle constitue une étape clé pour faire de la robotique humanoïde une réalité opérationnelle dans les années à venir.

Ils vécurent heureux avec les Mirokaï

Enchanted Tools défend une vision plus large de la robotique, où la machine ne se contente plus d’exécuter des tâches, mais devient une présence compréhensible et accessible. L’enjeu n’est plus uniquement de faire fonctionner un robot, mais de créer une relation avec lui, de le rendre lisible dans ses intentions et, d’une certaine manière, familier.

Character design d’un Mirokaï comme un personnage de jeu vidéo. ©Enchanted Tools

Pour y parvenir, l’entreprise développe un véritable univers narratif autour des Mirokaï. Chaque robot s’inscrit dans une histoire, avec une identité et une cohérence qui dépassent sa seule fonction. Ce travail sur l’imaginaire et le storytelling permet de transformer la perception que l’on peut avoir des robots, en les faisant passer d’outils techniques à partenaires d’interaction.

Cette approche ouvre des perspectives intéressantes pour l’acceptation sociale de la robotique, en particulier dans des contextes sensibles où la relation humaine est centrale. En rendant les robots plus intuitifs et plus attachants, Enchanted Tools contribue à poser les bases d’une cohabitation plus naturelle entre humains et machines.

Articles de la newsletter du Comité Robotique
Rubrique : Projet lauréat du Défi Transfert Robotique

 

©Orthopus

 

Lauréat du Défi « Transfert robotique » 2023, le projet EXTENDER ambitionne de développer de nouvelles interfaces de commande pour un bras robotique destiné aux personnes en situation de handicap. Porté par la start-up ORTHOPUS en collaboration avec plusieurs laboratoires de recherche et établissements de santé, ce projet illustre concrètement la manière dont la robotique peut répondre à des enjeux d’autonomie et d’inclusion.

Au cœur du projet se trouve l’ORTHOPUS Explorer, un bras robotique fixé sur un fauteuil roulant électrique. Doté de six articulations et de doigts robotisés, il doit permettre à ses utilisateurs d’effectuer des gestes du quotidien : appuyer sur un bouton d’ascenseur, ouvrir un robinet, attraper ou déplacer un objet, utiliser un peigne ou encore interagir avec leur environnement de façon plus autonome.

L’enjeu du projet EXTENDER ne repose cependant pas uniquement sur la mécanique du bras robotique, mais surtout sur la manière de le piloter. Les équipes travaillent ainsi au développement d’interfaces de commande personnalisables et adaptées aux capacités de chaque utilisateur : joystick, commande vocale, capteurs de mouvements ou encore solutions immersives utilisant la réalité virtuelle.

Pour répondre à ce défi, ORTHOPUS s’appuie sur un consortium pluridisciplinaire réunissant plusieurs acteurs majeurs de la recherche française en robotique : l’ISIR (Sorbonne Université/CNRS), le LAAS-CNRS et l’équipe-projet AUCTUS d’Inria Bordeaux. Deux établissements de santé participent également aux essais précliniques : l’ESEAN – APF France handicap à Nantes et l’Institut Pascal à Clermont-Ferrand. Le projet intègre aussi une dimension en sciences humaines et sociales grâce au CETCOPRA (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), chargé d’analyser les usages et les enjeux sociotechniques liés à l’acceptation du dispositif.

Photos d’un des premiers essais du bras robot dans un centre de santé spécialisé il y a quelques semaines.

Cette approche interdisciplinaire constitue l’une des spécificités d’EXTENDER. Les futurs utilisateurs, ainsi que des professionnels de santé comme des ergothérapeutes ou des spécialistes de médecine physique et de réadaptation, participent directement à la coconstruction de la solution. Les essais qui débutent actuellement dans les centres partenaires permettront d’évaluer l’ergonomie, le confort et l’intuitivité des différentes interfaces de commande développées par les roboticiens.

Les briques technologiques mobilisées dans EXTENDER proviennent en partie de travaux déjà développés dans des contextes industriels ou académiques. Elles doivent toutefois être adaptées à un usage particulièrement exigeant : permettre à une personne à mobilité très réduite de contrôler facilement un robot collaboratif installé sur un fauteuil roulant en mouvement.

À terme, les résultats de la phase de recherche seront transférés à ORTHOPUS afin d’engager l’industrialisation de l’ORTHOPUS Explorer et les démarches réglementaires nécessaires à sa mise sur le marché. À travers EXTENDER, les partenaires démontrent ainsi que la robotique peut devenir un véritable levier d’autonomie et d’inclusion, en plaçant les besoins des utilisateurs au cœur du développement technologique.

 

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Rubrique : Ressource du Comité robotique - "Fiche produit"

Les robots humanoïdes sont partout. Entre les démonstrations spectaculaires de Boston Dynamics, les annonces d’Elon Musk avec Optimus, les investissements massifs de Figure AI ou encore l’accélération fulgurante des acteurs chinois comme Unitree, la robotique humanoïde vit aujourd’hui une nouvelle phase d’ébullition mondiale. Mais derrière les vidéos virales de robots capables de courir, sauter ou danser, une question demeure : comment transformer ces démonstrations impressionnantes en systèmes réellement utiles, robustes et capables d’interagir durablement avec le monde réel ?

 

C’est précisément sur ces défis que travaillent depuis des années les chercheurs français, notamment au LAAS-CNRS, avec une conviction forte : l’humanoïde n’est pas seulement un objet technologique fascinant, c’est aussi un formidable laboratoire pour comprendre et reproduire certaines capacités humaines.

 

Comme le rappelle Olivier Stasse, chercheur au LAAS-CNRS, les humains réalisent chaque jour des tâches extraordinairement complexes sans même y penser : « Vous cherchez vos clés, vous vous penchez sous un lit, vous utilisez vos bras pour garder l’équilibre… Tout ce processus paraît naturel, mais lorsqu’on essaie de le reproduire sur un robot, c’est extrêmement compliqué. »

 

Olivier Stasse et l’un de ses “sujets d’expérimentation” ©Olivier Stasse

 

Cette complexité explique pourquoi, malgré les avancées spectaculaires de l’intelligence artificielle, les robots humanoïdes restent encore loin des capacités d’adaptation humaines. Pour faire progresser ces technologies, la France dispose désormais d’un atout stratégique : une plateforme robotique humanoïde complète au LAAS-CNRS. Pensée comme un véritable environnement d’essais et d’expérimentations, cette plateforme permet de tester des robots humanoïdes dans des conditions réalistes grâce à des systèmes de capture de mouvement ultra-précis, des équipements de sécurité, des capacités de calcul pour l’IA et une chaîne complète de validation mêlant logiciels, capteurs et mécatronique.

 

Le H1v2 de Unitree ©Unitree

 

Depuis fin février, elle accueille notamment le robot H1v2 de la société chinoise Unitree, un humanoïde particulièrement remarqué pour ses capacités dynamiques. Ce robot, capable de sauter, courir ou absorber des impacts grâce à ses moteurs puissants, ouvre de nouvelles perspectives pour le déploiement d’approches d’apprentissage par renforcement sur des plateformes humanoïdes.

 

L’équipe Gepetto du LAAS-CNRS compte notamment s’appuyer sur ce robot pour transférer vers l’humanoïde des avancées déjà obtenues sur les robots quadrupèdes.

 

Cette convergence entre IA et robotique constitue aujourd’hui l’un des grands tournants du secteur.

Les nouvelles approches d’apprentissage permettent désormais à des robots de s’entraîner en simulation pendant des milliers d’heures… en seulement quelques heures de calcul. Olivier Stasse compare ce processus à l’entraînement sportif humain : le robot répète, échoue, corrige et finit progressivement par apprendre le bon mouvement.

 

Plus impressionnant encore, certaines approches récentes permettent désormais aux robots d’apprendre simplement en observant des vidéos humaines.

« Quand vous dites à quelqu’un : “Mets-toi debout”, vous ne lui expliquez pas la tension exacte de chaque muscle. Pourtant il y arrive. Aujourd’hui, on commence à voir apparaître ce type de mécanismes chez les robots, et c’est assez fantastique », explique Olivier Stasse.

 

©Unitree

Ces avancées restent cependant fragiles. Les démonstrations industrielles actuelles montrent encore des limites importantes en robustesse, en autonomie ou en répétabilité. Même les systèmes les plus avancés affichent souvent des taux de réussite partiels sur des tâches pourtant simples pour un humain.

 

Mais pour les chercheurs, l’enjeu dépasse la simple automatisation. La robotique humanoïde représente aussi une manière unique d’explorer la biomécanique, l’apprentissage, l’équilibre, la perception et l’interaction avec l’environnement. Elle oblige à faire dialoguer mécanique, intelligence artificielle, neurosciences et sciences du mouvement.

©Unitree

 

Et dans cette course mondiale, disposer en France d’une plateforme ouverte aux chercheurs et aux industriels constitue un levier stratégique majeur.

 

La plateforme du LAAS-CNRS permettra ainsi de soutenir des projets collaboratifs, des preuves de concept, des transferts technologiques et des expérimentations avancées autour des humanoïdes de demain.

 

Dans un domaine où les investissements internationaux se chiffrent désormais en centaines de millions, voire en milliards d’euros, cette infrastructure montre que la France possède elle aussi les compétences, les talents et les outils pour participer activement à la prochaine grande révolution robotique.

 

> Citations Olivier Stasse tirées de son entretien avec France culture

 

 

Du consortium
Rubrique : Actualités

Le Comité Robotique France  a organisé, sous l'égide du CEA-List, un webinaire sur la localisation et la navigation pour la robotique. Cet événement a rassemblé des experts du domaine, qui ont eu l'opportunité d'écouter des retours d'expérience concrets, d'explorer des solutions innovantes et d’échanger.

La robotique autonome révolutionne de nombreux secteurs, de la logistique à l'agriculture, en passant par les transports et les services publics. Au cœur de cette révolution se trouve la capacité des robots à se localiser et à naviguer de manière précise et fiable dans des environnements complexes et dynamiques. La localisation et la navigation sont des défis fondamentaux qui déterminent la performance, la sécurité et l'efficacité des systèmes robotiques autonomes.

Les intervenants :

Manon Cortal, CTO & experte LiDAR et robotique, Perception4D

Manon Cortal présentera « Localisation en environnement ouvert dynamique », elle partagera un retour d’expérience sur les défis de la localisation robotique dans des grands espaces dynamiques. À travers des cas réels, elle abordera les enjeux clés : détection et gestion des obstacles mobiles ou temporaires ; construction et utilisation de cartes multi-modales à grande échelle ; maintenance longue durée de ces cartes. Elle présentera des approches méthodologiques pour relever ces défis,  communs à de nombreux usages de robots autonomes dans lemonde réel.

Hassan Bouchiba, CEO & expert 3D LiDAR SLAM, Exwayz 

Depuis sa création en 2021, Exwayz se consacre au développement de logiciels de localisation LiDAR de pointe pour véhicules autonomes. Pionnière d'une technologie SLAM extrêmement robuste offrant une précision centimétrique, l'entreprise a rapidement acquis une reconnaissance nationale. Aujourd'hui, Exwayz accompagne des clients internationaux en déployant ses logiciels avancés afin d'étoffer ses équipes et ses technologies et de répondre aux exigences les plus élevées en matière de robotique industrielle.