
Crédit photo : Issue de la "Factsheet" de la Charte.
Le 29 juillet, la Commission européenne a adopté une charte visant à simplifier et accélérer l'accès des entreprises, en particulier des start-up et PME, aux infrastructures de recherche et de technologie de pointe en Europe. L'initiative s'inscrit dans la stratégie européenne en faveur des start-up et des scale-up ; son objectif est de contribuer à réduire le délai entre l'idée et la mise sur le marché. Dans le domaine de la robotique, ce maillon apparait à la fois crucial et, pour le moment, singulièrement sous-exploité. Gageons que l’adhésion active des infrastructures de recherche et de technologie à la charte, et la publicité qui pourra en être faite, favoriseront des contacts fructueux pour l’écosystème européen de la robotique.
Vous retrouverez très bientôt sur le site du Comité robotique France les principales infrastructures du domaine, leur focus principal, leur localisation/ tutelles et modalités d’accès.
Les principes d’un accès facilité
Les infrastructures sont tout d’abord invitées à fournir des informations précises, actualisées et complètes sur la portée, la performance et la disponibilité de leurs services. Les entreprises, notamment les plus petites qui ne disposent pas de ressources importantes pour naviguer dans des accords complexes, doivent ainsi pouvoir faire des choix éclairés. Afin de favoriser la confiance et la comparabilité entre les prestataires, les services fournis doivent être conformes aux spécifications et aux critères de qualité communiqués.
Elles doivent ensuite adopter des procédures transparentes et rapides, avec des contrats définissant clairement les rôles, responsabilités et attentes de toutes les parties
Enfin, les infrastructures adhérentes à la charte fournissent des orientations claires sur la gestion des actifs intellectuels et la propriété des droits découlant des collaborations. Des accords de confidentialité et des protocoles sécurisés de traitement des données doivent être mises en place pour protéger les données clés des utilisateurs.
Les infrastructures numériques, dont celles pour la robotique et l’IA
La charte s’adresse à toutes les installations qui fournissent des ressources et des services utilisés par les communautés de recherche pour mener leurs travaux et favoriser l'innovation. Dans le domaine du numérique et de l'intelligence artificielle appliquée à la robotique, plusieurs infrastructures peuvent être citées ici comme pertinentes.
L'European Open Science Cloud (EOSC) constitue une infrastructure virtuelle ; l’EOSC se veut un écosystème opérationnel, ouvert et respectant les principes FAIR (facile à trouver, accessible, interopérable et réutilisable) pour les données de recherche. Le programme de travail Horizon Europe 2026-2027 prévoit d'ailleurs des appels à projets spécifiques pour "renforcer le potentiel de l'EOSC pour la valorisation des connaissances et la collaboration industrie-académie".
Au sein du programme de travail Horizon Europe, est promue "une nouvelle génération d'instruments, d'outils, de méthodes scientifiques et de solutions numériques avancées", qui couvre les développements en IA et robotique. On peut citer le réseau euROBIN (EU ROBotics and AI Network), coordonné par le DLR en Allemagne, qui regroupe 31 partenaires, dont le CNRS, l'Inria et le CEA. Il constitue une alternative directe pour la collaboration et l'accès aux ressources.

Crédit photo : Issu du OnePager de l’évèvement téléchargeable sur le site de euROBIN.
Enfin, l'Union européenne finance actuellement des « Testing and Experimentation Facilities » (TEFs), infrastructures conçues spécifiquement pour les entreprises. Les TEF sont déployés dans plusieurs grands domaines stratégiques. Ainsi, AI-MATTERS propose aux entreprises des bancs d'essai pour la robotique autonome et les systèmes de production.