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ven 24/07/2026 - 15:57

Un travail de TITANBOT : les robots parallèles à câbles changent d'échelle

Articles de la newsletter du Comité Robotique
Rubrique : Projet lauréat du Défi Transfert Robotique

Lauréat du Défi « Transfert Robotique » de France 2030, le projet TITANBOT ambitionne de faire franchir une nouvelle étape aux robots parallèles à câbles (Cable-Driven Parallel Robots - CDPR). Coordonné par le CNRS -avec les laboratoires LS2N et LIRMM - avec l'IRT Jules Verne, Actemium, le Cetim, Orano DS et VINCI Energies, ce projet de 6 M€ vise à transformer des résultats de recherche en solutions industrielles directement exploitables dans des secteurs exigeants comme la construction et le nucléaire.

© ACTEMIUM Paris Process Solutions

Une technologie capable de couvrir de très grands espaces

Contrairement aux robots industriels classiques, les robots parallèles à câbles déplacent leur plateforme mobile grâce à plusieurs câbles motorisés fixés autour de leur zone de travail. Ce principe mécanique permet de couvrir des volumes beaucoup plus importants tout en conservant une structure légère.

Déjà utilisés pour déplacer des caméras dans les stades, ces robots présentent plusieurs atouts majeurs pour l'industrie : ils peuvent transporter des charges importantes, intervenir sur de grandes surfaces et être facilement reconfigurés selon les besoins des chantiers ou des installations industrielles. L'enjeu de TITANBOT consiste désormais à leur apporter la précision, la robustesse et la simplicité d'utilisation nécessaires à un déploiement opérationnel.

Deux cas d'usage pour accélérer le transfert industriel

Le projet s'appuie sur deux démonstrateurs représentatifs de besoins industriels concrets.

Dans le secteur de la construction, le robot développé avec VINCI Energies doit automatiser le transport de matériel le long des façades de bâtiments. Les opérateurs déposent les équipements sur une plateforme, sélectionnent leur destination, puis le robot assure automatiquement leur acheminement jusqu'aux différents niveaux du chantier. Cette approche vise à réduire la manutention manuelle, limiter les troubles musculosquelettiques et améliorer la productivité sur les chantiers.

 

Côté nucléaire, Orano DS évalue l'utilisation d'un robot parallèle à câbles pour réaliser des inspections radiologiques lors des opérations de démantèlement. En maintenant automatiquement les capteurs à quelques centimètres des parois, le système permettrait d'inspecter rapidement de très grandes surfaces tout en réduisant l'exposition des opérateurs aux zones potentiellement contaminées.

Faire mûrir une technologie prometteuse

L'un des objectifs majeurs de TITANBOT est d'augmenter le niveau de maturité technologique des robots parallèles à câbles afin de préparer leur industrialisation. Les partenaires travaillent sur l'ensemble des briques technologiques : architecture mécanique, commande, contrôle, simulation, interfaces opérateur, sécurité et acceptabilité par les utilisateurs. L'IRT Jules Verne pilote notamment les travaux de maturation technologique et prépare le transfert vers de nouveaux secteurs industriels, tandis qu'Actemium apporte son expertise d'intégrateur pour transformer les prototypes en solutions déployables.

L'humain au cœur du déploiement

Le projet ne se limite pas aux performances techniques. Une partie importante des travaux est consacrée aux sciences humaines et sociales afin d'étudier l'acceptabilité de ces nouveaux outils sur le terrain. Des observations réalisées directement sur des chantiers permettent d'adapter les interfaces, les usages et l'intégration des robots aux pratiques réelles des opérateurs. Cette approche vise à faciliter l'adoption de la technologie et à concevoir des systèmes réellement utilisables au quotidien.

Une nouvelle génération de robots pour les grands espaces

Avec TITANBOT, les robots parallèles à câbles pourraient ouvrir la voie à une nouvelle génération de systèmes robotiques capables d'intervenir sur des infrastructures de grande dimension, qu'il s'agisse de bâtiments, d'installations nucléaires ou, demain, d'autres applications industrielles et logistiques.

 

Le projet illustre pleinement l'ambition du Défi « Transfert Robotique » : transformer des résultats de recherche en innovations industrielles concrètes au service de la compétitivité de la filière robotique française.